27 February 2012

Aloï

Il faut parfois reconnaître que l'on peut avoir tort. Je peste à longueur de blog contre les restaurants japonais tenus par des Chinois, contre les restaurants chinois tenus par des Vietnamiens, etc. et voilà que je vais présenter un restaurant thaïlandais tenu par des Chinois où je vais souvent.

Aloï (7, rue des Ciseaux) est un sympathique restaurant thaï niché dans une des ruelles les plus typiques et les plus pittoresques du Quartier Latin. Le décor est très épuré avec beaucoup d'éléments en bois sombre, et avec quelques tentures discrètes, le tout avec une dominante marron-violet. Un cadre apaisant donc, servi par l'absence de musique assourdissante ou de lumières fortes. On entend parfois les serveuses se héler mais bon... les Chinois resteront des Chinois !

La carte présente la palette habituelle de plats thaïs, avec des prix plutôt raisonnables vu le type de cuisine et le lieu. Le choix des cocktails et des desserts apporte un petit plus bienvenu si vous venez ici en charmante compagnie, voire en famille comme moi.

Voilà, Aloï sort du cadre strict que je m'impose généralement sur ce blog mais c'est vraiment une adresse que je recommande dans le Quartier Latin. Une fois de plus, mention spéciale pour les délicieux desserts : moi qui évite les prétendus desserts asiatiques comme la peste j'ai réellement apprécié ma glace deux boules thé vert et basilic !

Add: il y a aussi un traiteur Aloï, un peu plus bas dans la même rue. C'est malheureusement moins bon que le restaurant.

Add: Je n'étais jamais allé dans ce restaurant que le soir ou le week-end. J'y suis retourné un midi en semaine car Wabosso, en face, était fermé. j'ai donc pu découvrir les formules du midi en semaine chez Aloï. Pour 13,50 € on a le choix entre entrée + plat et accompagnement ou plat et accompagnement + dessert, avec des assiettes aussi belles et copieuses qu'à la carte.


15 February 2012

Seoul

Je sais que le Français aime déjeuner d'une entrée, d'un plat et d'un dessert, mais je me serais bien passé de l'entrée et du dessert que j'ai eus avec mon menu du midi à 12 € au restaurant coréen Seoul (26, rue Tiphaine) et je les aurais bien troqués contre 1 ou 2 € de réduction ou contre un thé coréen. D'autant que le plat était un bentō bien copieux avec raviolis, banchan, vermicelles sautés aux légumes et riz blanc, et que l'entrée était une petite salade sans grand intérêt et le dessert une boule de glace — pas très coréen, tout ça.





Seoul est un restaurant minuscule situé dans une petite rue perpendiculaire à la rue du Commerce, agréable rue semi-piétonne du XVe arrondissement. Il peut constituer une halte sympathique pour prendre un repas, mais je ne dirais pas qu'il vaut le déplacement si on n'est pas déjà dans le XVe arrondissement.

07 February 2012

Jiāwèi Iris

La cuisine de la province chinoise du Zhèjiāng n'est pas très connue à Paris. Ce ne sont pourtant pas les restaurants « zhèjiāngais » qui manquent, puisque les Chinois travaillant dans la maroquinerie, la confection et les bijoux fantaisie sont souvent originaires de cette province maritime.

C'est avec étonnement que j'ai donc repéré un restaurant zhèjiāngais dans le IXe arrondissement, hors du périmètre habituel.

Mais Jiāwèi Iris (26, rue Richer) ne propose pas que des spécialités zhèjiāngaises: en bon restaurant chinois qui veut attirer les Français, il propose toute la gamme nems-poulet-aux-amandes qui plaît à ceux qui ne connaissent pas la cuisine chinoise, ainsi que des spécialités d'autres provinces chinoises, et notamment des spécialités sìchuānaises, dont une espèce de mápó dòufu (du tofu à l'huile pimentée, la spécialité sìchuānaise) en version « grosse soupe », cf. la photo. 17,90 €, quand même, mais alors quel bonheur.

Note : chose étrange pour un restaurant chinois, Jiāwèi Iris a un site web assez bien fait, avec en particulier le menu téléchargeable. Une étape indispensable si vous êtes curieux de connaître la cuisine zhèjiāngaise.

03 February 2012

Asian

Les quatre lecteurs fidèles de ce blog savent que je ne supporte pas les restaurants proposant un mélange de cusines. Pour moi un restaurant doit être chinois, vietnamien OU thaïlandais, et non chinois, vietnamien et thaïlandais ! Pourtant, pour appâter le chaland ou toute autre raison mystérieuse, de nombreux restaurants s'annoncent tels. Cependant après avoir brièvement parcouru la carte ou entendu les propriétaires discuter entre eux, votre chroniqueur arrive généralement à savoir d'où viennent les propriétaires et quelle cuisine il doit donc s'attendre à goûter.

Eh bien pour l'Asian (30, avenue George V) j'ai bien été obligé de créer un nouveau label : « restaurant asiatique ». En effet, malgré une jolie déco à tendance mandchoue (genre Le Dernier Empereur), la cuisine est plutôt orientée Asie du sud-est, avec des nems vietnamiens qui côtoient allègrement le pad thai.

Mes quatre lecteurs fidèles savent aussi que je préfère de loin le contenu de mon assiette à tout ce qui peut tourner autour de cette dernière, fût-ce de jolies serveuses, des calligraphies murales ou des boiseries élégantes. Et de côté-là j'ai évidemment été déçu. Seul le dessert (des châtaignes d'eau à la crème de coco) a trouvé grâce à mes yeux, mais on ne fréquente pas les restaurants asiatiques pour manger des desserts...

Je déconseille donc ce restaurant à quiconque, comme moi, préfère le contenu de l'assiette au décor ou à l'ambiance. En revanche, cette adresse peut être intéressante pour sortir en compagnie et manger des plats asiatiques sans subir le brouhaha habituel des cantines asiatiques.

02 February 2012

Thai Richer

As-tu bien déjeuné ?
Oui.
Le service a-t-il été rapide et courtois ?
Oui.
Le restaurant est-il propre ?
Oui.
L'addition a-t-elle été raisonnable ?
Oh oui, 13 € pour cocktail + entrée + plat.
Alors pourquoi n'es-tu pas satisfait ?
Parce que pour moi Thai Richer (14, rue Richer) n'est pas un vrai restaurant thaï, c'est un restaurant sino-thaï, un peu comme celui de la rue de l'Orillon. Et alors écrire « restaurant gastronomie thaïlandais » c'est le comble de la prétention... Une cantine sympa, oui. Un restau gastronomique, non !

20 January 2012

Opéra Mandarin

Opéra Mandarin (23, boulevard des Capucines) est un restaurant-chinois-pour-Européens à l'ancienne. Il y a des aquariums, des fausses cascades, des jolies filles à l'accueil et des serveurs sapés comme des serveurs et pas comme des Chinois de la rue au Maire. Les murs sont décorés de tableaux un peu trop colorés (la vraie peinture chinoise est en noir et blanc [水墨畫], ou alors avec des couleurs mais avec de grandes zones vides pour mettre en valeur les zones colorées).

La carte offre les sempiternelles spécialités chinoises–vietnamiennes–thaïlandaises [il faudra vraiment qu'un jour j'ouvre un restaurant de spécialités espagnoles–norvégiennes–roumaines dans un pays asiatique, pour me venger], avec des menus du midi à 11 € que j'ai évités parce que les nems suivis de plaques chauffantes commencent à me sortir par tous les trous du corps.

Du coup j'ai pris juste des calamars sautés et un bol de riz blanc. C'était plutôt bon mais à 13,30 € quand je compare à ce que je peux manger de l'autre côté de l'avenue de l'Opéra ou du boulevard Haussmann ça m'énerve un peu, joli décor ou pas.

Bizarrement ce restaurant m'a fait un peu voyager dans le temps... C'est un peu le genre de restaurant chinois où mon père nous aurait emmenés pour fêter un anniversaire quand j'étais petit.

Conclusion : à éviter si, comme moi, vous ne vous intéressez qu'au contenu de l'assiette. À essayer, à la rigueur, si pour vous le décor[um] a une importance.

19 January 2012

Samo

Depuis que je travaille dans le VIIe arrondissement, j'explore, j'explore beaucoup, à la recherche de restaurants qui ne soient pas trop dispendieux. Ce midi j'ai enfin essayé le restaurant coréen Samo, qui était fermé le mois dernier.

Samo (1, rue du Champ de Mars) est un sympathique restaurant coréen un peu à l'écart de la rue Cler, la rue piétonne du VIIe arrondissement — je vous recommande ses commerces de bouche, mais alors faites chauffer l'American Express Gold.

L'accueil est aimable, par toute une équipe de Coréennes de tous âges qui s'agitent dans tous les sens comme des fourmis. Il vaut mieux arriver tôt car les deux salles se remplissent vite.

J'avais grand faim et du coup j'ai pris le menu du midi à 13 € (alors qu'il y en a un moins cher à 10 €), comprenant deux entrées + plat + banchan + thé. Au vu du quartier, c'est un rapport quantité-prix exceptionnel... ça explique sans doute pourquoi le restaurant se remplit aussi rapidement.


Si le choix de plats des menus du midi n'a rien d'exceptionnel (les sempiternels bibimbap et pulgogi), au moins ai-je bien déjeuné avec une excellente entrée de crêpes de soja, un bibimbap et six banchan dont de délicieux petits champignons.

17 January 2012

Hansung

Hansung (5, rue d'Argenteuil) n'est pas le meilleur restaurant coréen de Paris. Ce n'est pas non plus celui dont la carte présente la plus grande variété. Mais à 9,90 € le menu du midi avec entrée + plat + banchan, un accueil très gentil, et un service rapide, Hansung est certainement un des restaurants coréens où je me rends déjeuner le plus volontiers !
Il est en outre très facilement accessible en métro et en bus.

16 January 2012

Đồng Phát

Đồng Phát (10, rue Malar) est le typique restaurant asiatique pour Européens : les noms des plats sont traduits au lieu d'être écrits en v.o. (ou au moins en v.o. et en v.f.). Exemple : il y a des lettres autocollantes énormes sur la vitrine qui proclament « Phở » mais point de phở sur la carte : il faut chercher à soupe tonkinoise !

Autre indice : les menus sont construits sur la très sainte trinité française entrée - plat - dessert. Alors évidemment on peut prendre à la carte, mais cela revient plus cher.

J'ai pris des vermicelles translucides aux légumes et au tofu. C'était correct mais sans plus. J'ai même dû y ajouter pas mal de sauce sriracha pour que ce soit plus savoureux.

Bref... Je n'ai pas tellement aimé.

Bong

Bong (42, rue Blomet) est un restaurant typique coréen à l'ambiance bon enfant. On y croise des familles coréennes, des habitués qui saluent le propriétaire, ça sent la cuisine coréenne à plein nez !
Le décor, bizarrement, fait un peu vieille France, signe que le restaurant précédent devait être un restaurant bien français et que les propriétaires n'ont pas touché à la déco. Seules concessions à la Corée : quelques affiches, et un grand frigo rempli de bières coréennes.

Bong propose les plats coréens les plus typiques, avec une prédilection pour le barbecue coréen ce qui a, hélas, pour fâcheuse conséquence d'imprégner les vêtements d'une odeur tenace de viande grillée.

La salle est assez grande et il n'est pas rare d'y croiser de grands groupes, élèves de cours du soir de langue coréennes ou jeunes filles fans de K-Pop.


Bong propose des menus du midi très très copieux (entrée + plat + banchan) au prix de 12 € ce qui pour moi en fait un des restaurants asiatiques ayant le meilleur rapport quantité-prix du XVe arrondissement. La dernière fois que je m'y suis rendu j'ai donc pris du tofu sauté (두부 부침) en entrée et du riz aux œufs de poisson (알밥) en plat de résistance. Très très bon, très très copieux. Je ne peux que recommander.


13 January 2012

Indonesia (suite)

J'avais déjà écrit tout le bien que je pensais du restaurant coopératif Indonesia. Il se trouve que ce restaurant vient de changer de carte, avec de nouvelles formules notamment pour le déjeuner.

La photo qui illustre ce post est celle du nasi vegetari que j'ai mangé ce midi. J'ai finalement retrouvé des saveurs communes avec les plats thaïlandais de ces derniers jours, ce qui est relativement logique compte tenu du contexte ethnique et géographique : Malais et Indonésiens sont cousins, et la cuisine du sud musulman de la Thaïlande est très influencée par la cuisine malaise.

Un autre aspect sympathique du restaurant Indonesia est leur présence sur les sites sociaux et sur les apps pour téléphones mobiles. Leur page sur Facebook, en particulier, est régulièrement mise à jour.

Edit 6/3/2019 - La carte a de nouveau été mise à jour, avec des plats variés qui font un dîner complet pour 18 à 20 €. Les desserts (très originaux) sont dans les 7 € ; seules les boissons sont un peu chères.

plats complets (avec options veganes)

crêpe indonésienne et glace coco artisanale

Kinnari

Continuons dans l'ambiance thaï... Kinnari (8, rue Malar) est un restaurant très discret du VIIe arrondissement : depuis la rue, on n'aperçoit qu'une petite porte en bois, et la large vitrine en verre poli du restaurant empêche de voir la salle depuis la rue.Ce qui est fort dommage — car la déco est très belle, avec des bouddhas, des tableaux, des masques... sur des parois blanches reposantes.

Les tables sont élégamment disposées, avec suffisamment de distance pour ne pas se sentir les uns sur les autres, même quand le restaurant est bien rempli. Les couverts, la vaisselle, les nappes sont également propres et élégants. Évidemment, avec un tel cadre les prix sont du même ordre que ceux du Blue Elephant, mais la bonne surprise est le menu du midi à 19 € (entrée + plat) avec un choix de plats tout à fait raisonnable. Il y a une légère attente, preuve que les plats sont préparés sur le moment avec des ingrédients frais. Seule petite déception : les plats réputés bien « piquants » comme la salade de papaye verte ou le curry vert ne sont que modérément pimentés. Mais c'est peut-être une bonne nouvelle pour ceux qui ne partagent pas mon amour de la capsaïcine.

Bref, une adresse chaudement recommandée... pour un déjeuner en semaine. Ou alors pour impressionner quelqu'un le soir.

10 January 2012

Blue Elephant

En général, nous évitons de réveillonner au restaurant ; nous préférons rester à la maison et nous concocter de bons petits plats en profitant des congés de fin d'année pour cuisiner des plats un peu plus élaborés que d'habitude.

Seulement cette année de congés il n'y eut point : le Nouvel An tombait un dimanche !

Lorsque nous habitions rue de la Roquette (il y a de cela une dizaine d'années), le restaurant thaïlandais Blue Elephant (45, rue de la Roquette) était un peu notre restaurant de prédilection pour les grandes occasions : anniversaires de mariage, annonce de la naissance des enfants aux parents... Ensuite nous avons malheureusement quitté le quartier et nous n'y sommes plus retournés.

Peut-être est-ce par nostalgie, en tout cas mon épouse a réservé au Blue Elephant pour le réveillon du Nouvel An 2011-2012. Comme ça faisait bien dix ans que nous n'y étions pas retournés, je me suis mis à lire quelques critiques sur internet pour avoir une idée de l'évolution du restaurant. Il y avait pas mal de critiques négatives tournant autour du thème du restaurant qui « se repose sur ses lauriers » et qui, en gros, ne valait plus sa réputation passée.

C'est donc avec un peu d'appréhension que j'ai abordé ce dîner du Nouvel An au Blue Elephant ! Du côté de l'accueil, c'était toujours aussi bien que dans nos souvenirs. Au niveau du décor, également : il y avait toujours la petite cascade, les fleurs, les légumes artistement découpés, les structures de bois rappelant un village thaï...

Et le dîner fur un émerveillement de saveurs ! Les entrées étaient délicieuses — mais pas exceptionnelles comparées à celles qu'on trouve dans les autres bons restaurants thaïlandais de la capitale. Mais les plats ! Fantastiques ! Et ne ressemblant à aucun plat déjà goûté ailleurs (en tout cas pour nous qui explorons les cuisines asiatiques en restant à Paris).
Entre autres plats, nous en avons retenus deux qui nous ont vraiment marqués : du charbonnier (poisson blanc très fin) avec une sauce de tiges de lotus, légume que je n'avais encore jamais essayé, et du curry de dinde au jaquier, fruit que je connaissais préparé en achar mais pas en sauce.

Conclusion : nous avons été aussi comblés que lorsque nous habitions rue de la Roquette. Reste à savoir si l'émerveillement était dû à un effort spécial correspondant au dîner du Nouvel An, ou si la cuisine est vraiment restée aussi bonne qu'à l'époque où tout le monde s'accordait à dire que le Blue Elephant était le meilleur restaurant thaïlandais de Paris.

06 January 2012

Phú Đô

Le restaurant Phú Đô (201-203, avenue de Choisy) est une cantine vietnamienne classique du XIIIe arrondissement, qui propose l'assortiment classique de grosses soupes et de plats à base de viande, volaille ou poisson + riz.
L'avantage est sa proximité au métro, la rapidité du service et la propreté des lieux. En outre, lorsque j'ai demandé de l'eau chaude à boire, ils me l'ont servie, alors que malheureusement il m'arrive souvent qu'on me refuse cette boisson (une fois on a même osé me demander 2 €...).

26 December 2011

Pays Paradis

J'ai déjà évoqué le restaurant Qiào Jiāng Nán où les touristes chinois viennent se restaurer entre deux achats aux Galeries Lafayette. Le restaurant Pays Paradis (88, rue de Provence) est un autre de ces restaurants-à-touristes-chinois. L'intérêt de ce type de restaurant est bien évidemment que l'on y trouve ce que mangent les Chinois, et non ce que les Français s'imaginent que mangent les Chinois — il y a un monde entre ces deux concepts.
Le désavantage de ce type de restaurant est le prix : les Chinois qui peuvent se permettre de voyager en France sont riches, et donc c'est plus cher que dans le XIIIe ou dans la rue au Maire.

L'entrée de Pays Paradis, rue de Provence, ne se remarque presque pas. Une fois passé le seuil, on descend un long escalier et on se retrouve dans une immense cantine pleine de touristes chinois. Là où Qiào Jiāng Nán était relativement classe pour un restau chinois, Pays Paradis ressemble davantage aux immenses cantines de Belleville ou de l'avenue de Choisy. Le menu est très long et dépourvu de photos, ce qui est rageant car on voit passer les serveurs avec des plats fantastiques mais on n'a aucune idée de leur nom. Il est recommandé de se faire conseiller !

Il y a des menus du midi à 9,80 € avec raviolis + grosse soupe chinoise pour ceux qui n'ont pas le courage d'explorer la carte.

23 December 2011

Chez Shen

Paris a plusieurs Chinatowns. Le plus connu, celui dont on parle dans les films, les téléfilms, et les médias en général, est le Chinatown du XIIIe arrondissement. Cela est assez paradoxal puisqu'il s'agit en fait essentiellement d'un quartier peuplé par des personnes originaires d'Asie du Sud-est : Vietnamiens, Laotiens, Cambodgiens... mais bon : pour les Français tout Asiatique est un « Chinois » !

Un autre Chinatown assez connu est celui qui s'est constitué autour de la station de métro Belleville, au croisement des Xe, XIe, XIXe, et XXe arrondissements. Les Chinois en ont chassé les Juifs et les Arabes dont c'était le quartier (le même phénomène est en train de se reproduire rue Richer...).

Et puis il y a deux autres petits quartiers chinois méconnus : l'un autour de la station de métro Marx Dormoy, et l'autre rue au Maire. Ce dernier Chinatown est un de mes préférés pour ce qui est de la restauration chinoise : il y a nombre de petites échoppes proposant des plats typiques de la cuisine du Zhèjiāng, principalement fréquentées par les « Wēn » du quartier qui travaillent dans la maroquinerie ou les bijoux fantaisie et qui n'ont donc pas vocation touristique.

Une de ces échoppes est Chez Shen (39, rue au Maire). Toujours bondée, bruyante, mais peu importe : pour 6 € on y déjeune d'une montagne de riz blanc (seuls les Français mangent le riz cantonais !) accompagnée de trois condiments au choix parmi tous ceux proposés.

Détail amusant, et qui montre bien le fossé entre ce que Français et Chinois attendent d'un restaurant chinois (j'en ai déjà touché deux mots ici) : la carte française indique « Spécialités Chinoises et Vietnamiennes », alors que la carte chinoise indique bien qu'ils servent des spécialités de Wēnzhōu !

22 December 2011

Tashi Tagyé

La cuisine tibétaine n'est pas très connue en France. Il y a bien quelques restaurants dans le Quartier Latin, mais je soupçonne que les gens qui les fréquentent le font davantage à cause de leur sympathie pour la cause tibétaine que pour des raisons intrinsèquement gastronomiques. Le Tibet est un pays d'altitude où les cultures sont pauvres, et dont l'élevage se limite à des animaux comme le yack, le mouton et la chèvre, dont le goût est fort.

Pour des raisons géographiques évidentes, la cuisine tibétaine se situe à mi-chemin entre les cuisines indienne et sichuanaise. Cependant, contrairement à ses deux voisines, qui utilisent très abondamment épices et piments, la cuisine tibétaine est plutôt fade. Est-ce l'altitude du pays ou sa pauvreté qui l'ont maintenu à l'écart des routes des épices, je ne saurais, mais il est certain que la cuisine tibétaine n'est absolument pas pimentée, et très peu épicée, l'épice principale étant la graine de moutarde.

Tashi Tagyé (24, rue Richer) est un restaurant tibétain qui a récemment ouvert en plein cœur de l'ancien quartier israélite de Paris, désormais terre promise des restaurants asiatiques. Les prix sont aux alentours de 20-25 € pour un repas complet, mais il y a un menu à 11 € le midi avec un choix très restreint. C'est ce dernier que j'ai pris, avec une soupe à l'œuf en entrée et du dal avec du riz en plat de résistance. J'ai pris en sus du thé tibétain, c'est-à-dire du thé au beurre salé. Comme prévu, les plats étaient assez fades ; même le thé était moins surprenant que ce à quoi je m'attendais. En conclusion, je conseillerais ce restaurant aux personnes qui ne supportent pas la nourriture épicée. Pour tous les autres, je pense que les cuisines indienne ou chinoise seront plus satisfaisantes !

20 December 2011

les Quatre Saisons

Les Quatre Saisons (17, avenue Émile-Zola) est un restaurant coréen situé sur une dalle en béton au pied de tours horribles dans le XVe arrondissement (même les arrondissements cossus ont leurs horreurs architecturales des années 70). Il est donc au-dessus de l'avenue Émile-Zola et invisible depuis le niveau rue, sauf à chercher le n°15 plutôt que le n°17.

Le restaurant est aussi moche que son environnement, mais il est immense, avec plusieurs salles séparées, ce qui est pratique pour réserver lorsqu'on est nombreux, comme ce fut le cas hier soir pour nous. La salle du fond à gauche est équipée d'un système de karaoké avec chansons coréennes, chinoises, japonaises et anglo-américaines.

Le restaurant est spécialisé dans le « barbecue coréen » (bulgogi 불고기), avec des portions copieuses, accompagnées d'excellents banchan (mention spéciale pour leur kimchi, absolument délicieux). Seul souci : vos vêtements vont sentir la viande grillée pendant plusieurs jours...

06 December 2011

Canard Bronzé

Le Canard Bronzé (80, avenue de Suffren) est un petit restaurant taïwanais au décor très épuré : murs pastel décorés de très belles photos, étagères sombres supportant des céramiques ou des pots de thé, et musique classique en fond sonore.

Je vous renvoie à leur site web pour que vous ayez une idée des plats proposés. Les prix sont légèrement au-dessus de la moyenne, mais les portions sont généreuses, et le thé est servi à volonté.

Edit août 2015 : malheureusement, le restaurant a fermé.

Dragon d'Argent

Le problème de la plupart des restaurants asiatiques (hors quartiers asiatiques), c'est qu'ils ne servent pas ce qu'ils mangent eux-mêmes, mais ce que les Français souhaitent manger. Je me souviens de deux restaurants ouverts par des immigrés récents, l'un vietnamien, l'autre chinois, qui ont commencé par servir des vrais plats de chez eux pour ensuite très vite passer aux « plats chinois » attendus par les Français.

C'est un peu ce qui m'est arrivé au Dragon d'Argent (51, boulevard du Montparnasse) : en allant me laver les mains, j'ai aperçu les patrons manger des vrais plats vietnamiens au fond de la salle mais le menu, lui, proposait des « salades chinoises au poulet » et autres « riz cantonais ». Quelle tristesse.