29 October 2007

25 October 2007

The Host (괴물)


Immense film de monstre coréen. Tous les ingrédients du film de mostre sont réunis : les scientifiques qui salopent la nature, les conséquences sur un animal qui mute, les héros qui cherchent à sauver leur peau dans une ville dévastée... Cependant, et comme dans son précédent (et excellent) film policier Memories of Murder, le metteur en scène Bong Joon-ho transcende le film de genre (ici, le film de mostre ; là, le film policier), pour dénoncer les travers de la société coréenne, notamment ici son gouvernement inepte et complètement à la botte des États-Unis. Un pur chef-d'œuvre, qui réussit le tour de force d'être à la fois un blockbuster et un film à message. Mention spéciale pour les acteurs, et tout particulièrement pour Song Kang-ho qui confirme l'étendue de son jeu.

23 October 2007

Les enquêtes du Juge Ti (suite)

En fait Robert van Gulik n'a pas inventé le personnage du juge Dí. Il existe un roman en báihuà de l'epoque Míng, le Dígōng'àn, rempli d'anachronismes, qui raconte trois enquêtes attribuées à ce personnage historique. Je lis sur la Wikipedia en langue anglaise qu'en fait les anachronismes qui apparaissent dans les romans de van Gulik sont volontaires, le but étant de restituer l'atmosphère du Dígōng'àn, que van Gulik avait lui-même traduit en anglais en 1949 — c'est d'ailleurs ce travail de traduction qui lui donna l'idée de son cycle de romans policiers.

Naïf que je suis... Un sinologue de génie comme van Gulik n'aurait jamais commis tous ces anachronismes volontairement...

13 October 2007

Les enquêtes du Juge Ti

Depuis le temps qu'on m'en parlait ! Les enquêtes du Juge Ti [Dí] sont une série de romans policiers écrits par un érudit hollandais du xxe siècle. Le Juge Dí est un personnage historique [狄仁傑], et il existe un roman de l'époque Míng dont il est le héros, mais les récits imaginés par Robert van Gulik sortent à 100 % de l'imagination de son auteur.
Fidèle à ma préférence pour les œuvres classiques, je n'avais jamais prêté attention à ces livres. Et j'avais bien tort ! D'une part, ces enquêtes sont passionnantes et valent bien celles d'Hercule Poirot ou de Columbo ; d'autre part elles se déroulent dans la Chine des Táng (une de mes époques préférées), avec une mise en scène riche de détails de la vie quotidienne. C'est comme lire un livre sur la vie quotidienne à l'époque des Táng, le côté rébarbatif en moins, le côté romanesque en plus. Un pur bonheur !

Et comme il faut quand même que je râle un petit peu, voici quelques anachronismes que j'ai relevés : la « mort lente » parmi les punitions infligées, alors qu'elle n'a été introduite que sous les Yuán ; les « Tartares » pour désigner les Qìdān ; le terme de « Corée » au lieu de Koguryŏ.

08 October 2007

Prières pour les Birmans

Zut... J'ai récupéré l'info avec du retard, mais je la diffuse quand même en signe de solidarité :

07 October 2007

Monkey, Journey to the West

Depuis le temps que je salivais devant l'affiche de Jamie Hewlett...
Nous sommes enfin allés voir ce spectacle de Damon Albarn (musique), Jamie Hewlett (décors, costumes) et Chén Shìzhēng (mise en scène), inspirés du Xīyóujì, et nous n'avons pas été déçus ! Comment décrire ce spectacle ? « Opéra rock » ai-je pu lire... mais je ne suis pas d'accord. C'est plutôt un mélange de spectacle vivant, de cirque, et d'opéra de Pékin, avec une musique très originale : pop rock, bien sûr, mais avec des influences chinoises bien digérées, bien restituées, et loin de toute chinoiserie. Quant aux acteurs, ils récitaient réellement leur rôle, avec des pauses musicales ou acrobatiques. Tout cela entrecoupé d'intermèdes projetés sur un grand écran blanc, transparent à l'occasion pour mêler la scène aux dessins animés de Jamie Hewlett. Un spectacle total, deux heures de véritable régal pour nous qui sommes fans des Gorillaz. Un seul hic, le prix, et les places minuscules (aïe les jambes) du théâtre du Châtelet.

03 October 2007

Kirihito (きりひと讃歌)

Est-ce galvaudé d'écrire « encore un chef-d'œuvre de Tezuka » ?
Oui, sans doute... et pourtant c'est bien le cas. Le père du manga moderne, docteur en médecine (bien que n'ayant jamais pratiqué) signe là, à mon avis, une des ses œuvres les plus personnelles, au même titre que Black Jack car se déroulant dans le milieu de la médecine. Là où Black Jack est un chirurgien marron, Kirihito est un jeune médecin prometteur. Black Jack mène une vie de bohème, Kirihito se consacre à sa carrière et est fiancé à la fille d'un ponte. Mais, à la suite d'une machination diabolique, Kirihito perdra son poste, sa fiancée, sa dignité humaine, même, et sombrera dans un tourbillon de malheurs suivis d'une vengeance à la Monte-Cristo.

Cette bande dessinée est une véritable histoire romanesque, accompagnée d'une exploration des pulsions les plus viles et les plus noires de l'âme humaine, tout cela présenté dans le style clair et presque disneyen du maître. Un cocktail étrange et déroulant mais, la première surprise passée, on ne peut plus lâcher les quatre tomes de Kirihito !

À noter également une galerie de personnages inoubliables, tous en teintes de gris (il n'y a pas de « gentils » ni de « méchants ») : Urabe, le double en négatif de Kirihito ; Helen, la bonne sœur humiliée ; Li Hua, la taïwanaise nymphomane ; le père d'Izumi, le roi de la magouille ; les médecins obsédés par leur carrière davantage que par leurs malades...