26 December 2011

Pays Paradis

J'ai déjà évoqué le restaurant Qiào Jiāng Nán où les touristes chinois viennent se restaurer entre deux achats aux Galeries Lafayette. Le restaurant Pays Paradis (88, rue de Provence) est un autre de ces restaurants-à-touristes-chinois. L'intérêt de ce type de restaurant est bien évidemment que l'on y trouve ce que mangent les Chinois, et non ce que les Français s'imaginent que mangent les Chinois — il y a un monde entre ces deux concepts.
Le désavantage de ce type de restaurant est le prix : les Chinois qui peuvent se permettre de voyager en France sont riches, et donc c'est plus cher que dans le XIIIe ou dans la rue au Maire.

L'entrée de Pays Paradis, rue de Provence, ne se remarque presque pas. Une fois passé le seuil, on descend un long escalier et on se retrouve dans une immense cantine pleine de touristes chinois. Là où Qiào Jiāng Nán était relativement classe pour un restau chinois, Pays Paradis ressemble davantage aux immenses cantines de Belleville ou de l'avenue de Choisy. Le menu est très long et dépourvu de photos, ce qui est rageant car on voit passer les serveurs avec des plats fantastiques mais on n'a aucune idée de leur nom. Il est recommandé de se faire conseiller !

Il y a des menus du midi à 9,80 € avec raviolis + grosse soupe chinoise pour ceux qui n'ont pas le courage d'explorer la carte.

23 December 2011

Chez Shen

Paris a plusieurs Chinatowns. Le plus connu, celui dont on parle dans les films, les téléfilms, et les médias en général, est le Chinatown du XIIIe arrondissement. Cela est assez paradoxal puisqu'il s'agit en fait essentiellement d'un quartier peuplé par des personnes originaires d'Asie du Sud-est : Vietnamiens, Laotiens, Cambodgiens... mais bon : pour les Français tout Asiatique est un « Chinois » !

Un autre Chinatown assez connu est celui qui s'est constitué autour de la station de métro Belleville, au croisement des Xe, XIe, XIXe, et XXe arrondissements. Les Chinois en ont chassé les Juifs et les Arabes dont c'était le quartier (le même phénomène est en train de se reproduire rue Richer...).

Et puis il y a deux autres petits quartiers chinois méconnus : l'un autour de la station de métro Marx Dormoy, et l'autre rue au Maire. Ce dernier Chinatown est un de mes préférés pour ce qui est de la restauration chinoise : il y a nombre de petites échoppes proposant des plats typiques de la cuisine du Zhèjiāng, principalement fréquentées par les « Wēn » du quartier qui travaillent dans la maroquinerie ou les bijoux fantaisie et qui n'ont donc pas vocation touristique.

Une de ces échoppes est Chez Shen (39, rue au Maire). Toujours bondée, bruyante, mais peu importe : pour 6 € on y déjeune d'une montagne de riz blanc (seuls les Français mangent le riz cantonais !) accompagnée de trois condiments au choix parmi tous ceux proposés.

Détail amusant, et qui montre bien le fossé entre ce que Français et Chinois attendent d'un restaurant chinois (j'en ai déjà touché deux mots ici) : la carte française indique « Spécialités Chinoises et Vietnamiennes », alors que la carte chinoise indique bien qu'ils servent des spécialités de Wēnzhōu !

22 December 2011

Tashi Tagyé

La cuisine tibétaine n'est pas très connue en France. Il y a bien quelques restaurants dans le Quartier Latin, mais je soupçonne que les gens qui les fréquentent le font davantage à cause de leur sympathie pour la cause tibétaine que pour des raisons intrinsèquement gastronomiques. Le Tibet est un pays d'altitude où les cultures sont pauvres, et dont l'élevage se limite à des animaux comme le yack, le mouton et la chèvre, dont le goût est fort.

Pour des raisons géographiques évidentes, la cuisine tibétaine se situe à mi-chemin entre les cuisines indienne et sichuanaise. Cependant, contrairement à ses deux voisines, qui utilisent très abondamment épices et piments, la cuisine tibétaine est plutôt fade. Est-ce l'altitude du pays ou sa pauvreté qui l'ont maintenu à l'écart des routes des épices, je ne saurais, mais il est certain que la cuisine tibétaine n'est absolument pas pimentée, et très peu épicée, l'épice principale étant la graine de moutarde.

Tashi Tagyé (24, rue Richer) est un restaurant tibétain qui a récemment ouvert en plein cœur de l'ancien quartier israélite de Paris, désormais terre promise des restaurants asiatiques. Les prix sont aux alentours de 20-25 € pour un repas complet, mais il y a un menu à 11 € le midi avec un choix très restreint. C'est ce dernier que j'ai pris, avec une soupe à l'œuf en entrée et du dal avec du riz en plat de résistance. J'ai pris en sus du thé tibétain, c'est-à-dire du thé au beurre salé. Comme prévu, les plats étaient assez fades ; même le thé était moins surprenant que ce à quoi je m'attendais. En conclusion, je conseillerais ce restaurant aux personnes qui ne supportent pas la nourriture épicée. Pour tous les autres, je pense que les cuisines indienne ou chinoise seront plus satisfaisantes !

20 December 2011

les Quatre Saisons

Les Quatre Saisons (17, avenue Émile-Zola) est un restaurant coréen situé sur une dalle en béton au pied de tours horribles dans le XVe arrondissement (même les arrondissements cossus ont leurs horreurs architecturales des années 70). Il est donc au-dessus de l'avenue Émile-Zola et invisible depuis le niveau rue, sauf à chercher le n°15 plutôt que le n°17.

Le restaurant est aussi moche que son environnement, mais il est immense, avec plusieurs salles séparées, ce qui est pratique pour réserver lorsqu'on est nombreux, comme ce fut le cas hier soir pour nous. La salle du fond à gauche est équipée d'un système de karaoké avec chansons coréennes, chinoises, japonaises et anglo-américaines.

Le restaurant est spécialisé dans le « barbecue coréen » (bulgogi 불고기), avec des portions copieuses, accompagnées d'excellents banchan (mention spéciale pour leur kimchi, absolument délicieux). Seul souci : vos vêtements vont sentir la viande grillée pendant plusieurs jours...

06 December 2011

Canard Bronzé

Le Canard Bronzé (80, avenue de Suffren) est un petit restaurant taïwanais au décor très épuré : murs pastel décorés de très belles photos, étagères sombres supportant des céramiques ou des pots de thé, et musique classique en fond sonore.

Je vous renvoie à leur site web pour que vous ayez une idée des plats proposés. Les prix sont légèrement au-dessus de la moyenne, mais les portions sont généreuses, et le thé est servi à volonté.

Edit août 2015 : malheureusement, le restaurant a fermé.

Dragon d'Argent

Le problème de la plupart des restaurants asiatiques (hors quartiers asiatiques), c'est qu'ils ne servent pas ce qu'ils mangent eux-mêmes, mais ce que les Français souhaitent manger. Je me souviens de deux restaurants ouverts par des immigrés récents, l'un vietnamien, l'autre chinois, qui ont commencé par servir des vrais plats de chez eux pour ensuite très vite passer aux « plats chinois » attendus par les Français.

C'est un peu ce qui m'est arrivé au Dragon d'Argent (51, boulevard du Montparnasse) : en allant me laver les mains, j'ai aperçu les patrons manger des vrais plats vietnamiens au fond de la salle mais le menu, lui, proposait des « salades chinoises au poulet » et autres « riz cantonais ». Quelle tristesse.

27 November 2011

Higuma

Higuma (163, rue Saint-Honoré) est une vraie cantine japonaise au cœur de Paris ! Les serveurs slaloment entre les tables en bois, les bras chargés de gyōza. Rien que ça doit vous faire venir l'eau à la bouche !
Pas de plats compliqués chez Higuma, ici on sert des spécialités simples, copieuses et efficaces comme le katsudon (bol de riz avec viande panée), l'udon (bouillon avec pâtes épaisses), et autres tendon (crevettes et légumes panés sur lit de riz blanc). Que du bonheur !

Vous aurez remarqué que tous ces noms de plats se terminent par don (丼), qui veut dire « gros bol » en japonais. Tout un programme…

En revanche ne venez pas ici pour un repas romantique... Le bruit ambiant est élevé, et les serveurs "balancent" ces fameux bols sur les tables. Pour un repas en amoureux, prenez plutôt la ligne 9, direction Shiki !

13 October 2011

Qiào Jiāng Nán (俏江南)

Le restaurant Qiào Jiāng Nán (43, rue de Provence) se trouve près des Galeries Lafayette. Les touristes chinois fortunés viennent y déjeuner après leurs emplettes harassantes. C'est qu'il faut faire la queue pour pouvoir acheter des sacs Louis Vuitton !

Le restaurant propose de vraies spécialités sichuanaises, bien épicées, comme le poulet aux piments (ci-dessus) ou le mápó dòufu (tofu en sauce piquante, ci-dessous). C'est très bon mais forcément, vu la clientèle, un peu plus cher que les restaurants des quartiers chinois.

10 October 2011

Au Jardin des Corolles

Au Jardin des Corolles (15, place des Corolles à Courbevoie) est un petit restaurant chinois avec une agréable terrasse verte et ombragée. De ce point de vue-là, il tranche agréablement avec la moyenne des restaurants de la Défense, qui sont d'une grisaille uniforme particulièrement déprimante, surtout en été.

En revanche, du point de vue de ce qu'on a dans l'assiette, ce n'est pas mieux que la moyenne des restaurants de la Défense. C'est peut-être même en-deçà : le restaurant a succombé à la redoutable mode du « buffet à volonté » et propose ainsi des vapeurs tièdes, des beignets de crevette froids, et des nouilles sautées trop salées... J'ai essayé une fois de commander à la carte pour éviter les mets du buffet — et j'ai déjeuné ¾ d'heure après mes collègues !

À éviter, malgré le cadre et l'accueil sympathiques.

03 October 2011

Yi Ping

En général, je pense le plus grand mal des restaurants japonais tenus par des Chinois. Les mêmes sempiternels menus de brochettes et de sushi très très moyens, le même sempiternel décor (chats avec le bras qui se balance près de la caisse, petites bannières, poupées japonaises...), tout ça acheté chez les mêmes grossistes... À éviter !



Yi Ping (42, rue Sainte-Anne) m'a partiellement reconcilié avec le concept de restaurant japonais tenu par des Chinois. En même temps point ici de brochettes ni de sushi : ce restaurant est spécialisé dans les rāmen, ces grosses soupes généreuses que les Japonais avalent goulûment lors de leurs pauses-repas, soupes qui sont elles-mêmes d'origine chinoise. Donc finalement c'est presque un retour aux sources !

Pour 8€50, une portion très généreuse de rāmen, dans une ambiance « cantine » parfaite pour un déjeuner rapide en semaine.

16 September 2011

Mirae (encore !)

Je suis retourné plusieurs fois chez Mirae, mais finalement c'est bien la soupe aux mandu que je préfère.


Les banchan servis ne sont pas très copieux, mais alors qu'est-ce qu'on se régale ! Aujourd'hui un des banchan (celui en haut au centre de la photo), était composé de myeolchi (멸치), des petits anchois séchés et fermentés. Que du bonheur !

Edit: le restaurant a désormais une page web avec un lien club qui permet, apparemment, de recevoir des offres spéciales (je n'ai pas encore eu le temps de tester).

13 September 2011

Séoul-Opéra

Hier je suis retourné déjeuner dans le restaurant Guibine Opéra. Il faisait une chaleur moite infernale et, du coup, j'ai eu une très forte envie de naengmyeon, une sorte de soupe de vermicelles qui se consomme bien froide.

Aujourd'hui, je suis allé déjeuner à Séoul-Opéra (5 rue Danielle-Casanova) et il se trouve qu'ils proposaient également du naengmyeon, alors que c'est plutôt rare à Paris. J'en ai commandé derechef avec dans la tête l'idée de procéder à une petite comparaison avec celui de la veille.

Le naengmyeon se compose de cinq ingrédients essentiels :
  1. les vermicelles de sarrasin
  2. le bouillon
  3. les tranches de pomme-poire [fruit asiatique à mi-chemin entre la pomme et la poire]
  4. le concombre découpé en julienne
  5. l'œuf (soir un œuf dur, soit des lanières d'omelette)

Au niveau des vermicelles, celles de Guibine étaient meilleures car plus résistantes sous la dent ; elles étaient également légèrement plus copieuses.
Le bouillon, en revanche, était meilleur à Séoul-Opéra, mais il manquait de piquant. J'ai dû demander de la pâte pimentée (gochujang 고추장) au serveur pour épicer le bouillon.
La pomme-poire de Guibine était nettement meilleure. Je soupçonne même Séoul-Opéra d'avoir utilisé de la pomme.
Le naengmyeon de Guibine était servi avec un demi-œuf dur ; celui de Séoul-Opéra avec des lanières d'omelette. Personnellement, j'ai préféré le demi-œuf dur.

Sur l'ensemble des ingédients, Guibine est donc vainqueur. Cela dit, les banchan (petites assiettes de légumes d'accompagnement) de Séoul-Opéra étaient bien au-dessus.
Conclusion : Allez donc comparer par vous-mêmes !

05 September 2011

Au Beau Bourg

En plein quartier Wēn, j'ai trouvé une petite cantine cantonaise. Le restaurant Au Beau Bourg (72, rue des Gravilliers) était plein à craquer des Chinois qui travaillent dans le quartier de la rue au Maire... J'imagine que eux aussi ont envie de manger exotique de temps en temps !



Le menu est du grand classique cantonais avec quelques plats qui sortent de l'ordinaire : j'ai pris des raviolis végétariens (verts !) en entrée, suivis d'excellentes aubergines farcies aux crevettes. Le tout était un peu trop salé mais très bon. Une alternative aux cantines Wēn du quartier.

01 September 2011

Tokki

Il y a une catégorie de restaurants que j'appelle « restaurants pour filles » (non, ce n'est pas parce que les serveurs sont des Chippendales). Ces restaurants sont petits, ont une jolie déco en bois à la Ikea, des murs pastel, et servent des plats légers genre salade de boulghour ou tarte aux légumes qui donnent bonne conscience aux filles qui viennent y déjeuner — mais si tu es un gars tu as de nouveau faim à 17 h. La concentration de ces restaurants est plus forte autour des banques ou dans les quartiers où il y a beaucoup de bureaux. Heureusement il y a de bons desserts parce qu'une fille, même qui fait un régime, trouve toujours une bonne excuse pour se descendre un pur dessert.


Tokki (10, rue de la Boule Rouge) est un des ces « restaurants pour filles ». J'y ai déjeuné d'une salade de mandu (raviolis de légumes grillés) et d'une excellente panna cotta au lait de coco. Et effectivement il n'y avait que des filles...

11 August 2011

Green Garden

J'aurais aimé écrire un billet positif au sujet du restaurant végétalien Green Garden (20, rue Nationale) : il y a très peu de restaurants asiatiques végétariens, à Paris, et j'aurais aimé leur faire un peu de pub.

D'emblée la carte propose des plats chinois et vietnamiens, ce qui en général m'agace... Aurait-on idée de proposer des plats espagnols et italiens ? ou alsaciens et bretons ? J'ai pris des nems végétariens et un plat de tofu aux légumes en sauce avec du riz blanc. Tout était correct mais franchement pas au-dessus de la moyenne du XIIIe arrondissement, plutôt en dessous, même. En outre les deux téléviseurs géants passaient en boucle des programmes de la secte Thanh Hải, et j'ai trouvé cela déplacé, même si cette secte est connue pour promouvoir le végétarisme.

L'accueil cependant est vraiment gentil... Je pense que je retournerai quand même chez Green Garden pour essayer d'autres plats et tâcher de rédiger un billet plus positif !

Edit 2/2/2016 : Le restaurant Green Garden a fermé. 

Shiki

Shiki (53, rue Gallieni à Boulogne-Billancourt) annonce fièrement « restaurant japonais traditionnel » sur sa devanture. Et, en effet, il faudra s'abstenir de commander des sushis ou des brochettes. Le restaurant propose plutôt des anguilles grillées au bouillon de thé vert ou des plats marinés au miso... Évidemment, les prix pratiqués seront à la hauteur de l'émerveillement de vos papilles.


Ce restaurant propose également toute une gamme de desserts très originaux, et qui sont davantage des réinterprétations japonisantes de grands classiques européens (tiramisù, sorbet) que réellement des desserts japonais.



04 August 2011

Beauthé

Des restaurants taïwanais, à Paris, je n'en connais que deux. Et les deux sont spécialisés dans le thé aux perles, une boisson taïwanaise qui a conquis le monde entier mais apparemment pas la France.

Je me suis donc rendu ce midi chez Beauthé (32, rue Poissonnière) avec la ferme intention de déguster un délicieux thé aux perles. Par la même occasion j'y ai déjeuné. Beauthé a une carte assez courte (ça change des restaurants chinois habituels...) avec quelques spécialités bien taïwanaises et quelques plats un peu plus « fusion ». J'ai pris un riz gluant aux huit trésors, qui est en fait du riz gluant cuit dans une feuille de bananier accompagné de poisson et de légumes, et qui m'a été servi avec quelques petits accompagnements de légumes salés.

Un repas simple et sympathique, dans une ambiance de musique pop et d'affiches colorées bien taïwanaise.

03 August 2011

Temple Céleste

Le Temple Céleste (9, rue Volta) est une honnête cantine située en plein cœur du Chinatown « Wēn » de la capitale, près de la station de métro Arts et Métiers. Les « Wēn » sont les Chinois originaires de la ville de Wēnzhōu, dans le sud-est du Zhèjiāng, et le Temple Céleste offre donc un grand choix de plats de la cuisine du Zhèjiāng, qui a la caractéristique d'être peu pimentée, légèrement sucrée, et d'utiliser beaucoup de légumes.

J'ai donc pris une énorme marmite d'aubergine agrémentée de gingembre et accompagnée de riz blanc. En boisson, du thé vert qui était un peu léger, chose étonnante pour un restaurant du Zhèjiāng. Globalement un repas honnête même si, dans le même style, je préfère les gargotes de la rue au Maire.

02 August 2011

Ji Bai He

J'aurais pu passer et repasser cent fois devant ce restaurant sans même le remarquer. Il ne se distingue guère des innombrables traiteurs chinois qui pullulent dans la capitale. Heureusement un mien ami, passionné de gastronomie chinoise, m'y a donné rendez-vous ce midi.

Le restaurant a une décoration simple, voire moche : tables en formica, chaises en bois. Un zinc, au fond, sert de caisse. Ça sent le bar racheté par des Chinois et transformé en restaurant à moindre frais.

Le restaurant ne propose que des spécialités du Nord-est de la Chine (les propriétaires viennent de Hārbīn) : raviolis à la vapeur, raviolis grillés, et salades d'accompagnement. Pour 9 €, nous avons pris une formule raviolis à volonté. J'aurais bien goûté une des salades, mais mon ami me l'a déconseillé à cause de la quantité de raviolis qui allait nous être servie.

Les raviolis sont de toutes sortes, dont certaines que je n'ai encore jamais trouvées à Paris : porc et maïs, chou et légumes... En outre les raviolis étaient absolument délicieux : la farce est enfermée dans une pâte relativement fine mais qui emprisonne efficacement tout le jus et le goût du ravioli, ne le laissant exploser en bouche qu'au moment de la morsure. Un vrai bonheur.



Ji Bai He (108, rue Olivier de Serres) est donc au final une adresse précieuse, que je recommande à la fois aux gourmands et aux gourmets.




Edit (sept. 2014)

Je suis finalement revenu maintes fois dans ce fantastique boui-boui. Le menu est désormais à 9,50 €, ce qui reste très très bon marché eu égard à la qualité des raviolis servis.

J'ai également goûté les salades, des salades froides typiques du nord de la Chine, et qui font bien "passer" les raviolis quand on en a ingurgité beaucoup !

Add (juin 2015)

Le menu  « raviolis à volonté » est désormais à 11 €, mais il y a deux menus du midi extrêmement abondants à 7,90 €, l'un avec 15 raviolis + salade + boisson, l'autre avec entrée + plat + boisson.

31 July 2011

Indonesia

Aux Pays-Bas il y a des restaurants indonésiens à tous les coins de rue. À Paris, il y en a très peu. Bien sûr, les Pays-Bas sont l'ancienne puissance coloniale, mais la cuisine indonésienne mériterait vraiment d'être davantage connue à Paris.

Indonesia (12, rue de Vaugirard) est probablement le plus ancien restaurant indonésien de Paris. Ouvert en 1982 par des Indonésiens fuyant la dictature d'extrême-droite de Suharto, Indonesia a la particularité d'être organisé en SCOP, c'est-à-dire que les salariés partagent les bénéfices.

Le décor (récemment refait) présente des tableaux, des broderies, des masques et des marionnettes indonésiens typiques et est très chaleureux. Avant de dîner, un petit cocktail aux saveurs d'Asie du Sud-est vous réchauffera encore plus !

Le plat indonésien typique est le rijsttafel. Il consiste en un plat de riz servi avec une grande quantité de petits accompagnements, qui vont des légumes sautés aux viandes en sauce. Chaque type de rijsttafel présente des accompagnements différents, mais le principe reste toujours le même. Pour ma part j'ai pris un rijsttafel végétarien, accompagné de six petits plats végétariens très variés. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la cuisine indonésienne, elle se situe quelque part entre la cusine indienne (pour les plats en sauce) et la cuisine du sud-est asiatique (pour les plats sautés ou frits), ce qui donne une idée de la variété de saveurs et de textures différentes.

Ma femme a pris un nasi goreng qui est comme une version plus simple du rijsttafel , et avec des acompagnements frits ou sautés plutôt qu'en sauce.

Au total on en a pour environ 20 € par personne, mais c'est vraiment très bon et très copieux. En outre, contrairement aux autres restaurants asiatiques, il y a des desserts qui sont vraiment bons et originaux.

Pour les fauchés, il y a des formules du midi à 10 €.

29 July 2011

Noodle King

Restaurant à éviter le midi quand tous les cravateux de Drouot viennent y déjeuner. Ils parlent très fort parce qu'ils se croient les maîtres du monde juste parce qu'ils vendent très cher des objets sans intérêt.

En revanche le soir Noodle King (1, rue de la Grange Batelière) est un havre de paix. Il y a peu de clients, principalement des habitués, et on peut ainsi y savourer tranquillement les meilleurs raviolis grillés de Paris. Un pur instant de bonheur.


Les soupes et les nouilles sautées sont également très bonnes, et le menu illustré par des photos qui aident à se décider lorsqu'on ne connaît pas bien les plats asiatiques.

28 July 2011

L'Orient d'or

L'Orient d'or se trouve à l'angle de la rue de Trévise et de la rue Richer, dans un quartier où il y avait autrefois plein de petits restaurants juifs mais qui est en train de se remplir de cantines asiatiques.

J'avais déjà repéré ce restaurant et il m'avait bien intrigué : « cuisine du Húnán ». Comme tous les amateurs de cuisine chinoise le savent, la « cuisine chinoise » n'existe pas. Dans un pays de 10 millions de km² il y a nécessairement plusieurs cusines. Cela dit, si je connais bien les cuisines pékinoise, du Nord-Ouest, sichuanaise, cantonaise, ou du Zhèjiāng, je n'ai jamais entendu parler de la cusine du Húnán.

En fait un rapide coup d'œil sur la carte et sur les petits piments stylisés qui accompagnent les noms des plats permet bien vite de se rendre compte que la cuisine du Húnán doit ressembler à celle du Sìchuān... avec tout de même un grand nombre de plats dits « xiāng » que je n'ai encore jamais vus à Paris, chacun accompagné de son petit historique : la carte est très instructive. Il va falloir que je revienne plusieurs fois pour tout goûter !

Il y a également des « menus » avec des nems et du riz cantonais ; j'imagine qu'ils sont là pour le Français ignare et pressé, car il y a beaucoup de clients chinois. À éviter absolument, quitte à devoir payer plus cher les plats de la carte.

J'ai commandé une salade de champignons noirs frais (entrée) et du tofu aux jaunes d'œuf (plat), avec du riz blanc. Le serveur me prévient tout de suite que "Français aiment pas ce plat" lorsque je commande le tofu, ce qui est bon signe. L'attente est longue, ce qui est encore plutôt bon signe, et les deux plats arrivent en même temps, ce qui est également bon signe. La salade est pleine de goût et croquante, avec juste ce qu'il faut de vinaigre et de piments. Le plat de tofu est très original, un peu fade il est vrai, mais il fallait absolument que je le goûte.

En conclusion : 17,50 €, peut-être un peu cher pour ce que j'ai pris. Je me jure de revenir goûter un des plats de la page « xiāng » de la carte.

26 July 2011

Mirae

J'étais convaincu que l'on ne pouvait trouver de bon restaurant coréen, en France, qu'à Paris intra muros, et même, plus précisément, qu'à l'intérieur du périmètre XIVme/XVme affectionné par les Coréens...

Un camarade du cours de coréen m'avait, il est vrai, chaudement recommandé Mirae (50, rue Jean-Jaurès à Puteaux) mais je n'avais jamais trouvé le moment d'essayer ce restaurant — pourtant je travaille à la Défense.

Aujourd'hui, j'ai saisi l'occasion d'une journée moins chargée pour faire le petit déplacement jusqu'en bas des tours ! Je m'attendais à trouver l'habituelle cantine à banquiers servant du simili-japonais.

Surprise ! Mirae est un petit restaurant coréen à gestion familiale qui, malgré la clientèle 100% européenne sans doute peu au fait de gastronomie coréenne, fait l'effort d'offrir des plats typiques, et même des plats qui sortent des sempiternels bulgogi et bibimbap proposés par les « cantines » coréennes de la capitale.


Après une petite salade du genre « restaurant japonais » (seule fausse note de ce repas fantastique) on m'a servi un beau et grand manduguk avec trois banchan et un bol de riz blanc. Le manduguk est une soupe coréenne typique contenant des mandu (raviolis coréens) et des pâtes de riz très épaisses, cuits dans un bouillon clair de bœuf. Les mandu étaient juste sublimes. Là où même de bons restaurants se limitent à des sortes de raviolis chinois ou japonais (jiǎozi/gyōza 餃子), ici on m'a servi de vrais mandu (만두) coréens qui eux ressemblent plutôt à des pelmeni (пельмени) sibériens — preuve de l'influence du nord de l'Asie sur la Corée — et contenant une farce d'une finesse et d'une légèreté incroyables. J'ai demandé à la patronne de quoi était faite la farce mais elle n'a pas voulu me le dire... les bons cuisiniers sont jaloux de leurs secrets ! Les banchan étaient également très fins, mais ce sont vraiment les mandu qui m'ont fait la plus forte impression.

J'ai payé ce menu 12,50 € ce qui est très raisonnable à proximité de la Défense.

24 July 2011

Gwon's Dining

Gwon's Dining (51, rue Cambronne) a la réputation d'être le meilleur restaurant coréen de Paris. Comme son nom l'indique, Gwon's Dining n'est ouvert que le soir. Nous y sommes justement allés ce soir.

Le restaurant est plutôt « classe », avec une déco minimaliste et épurée, de très beaux couverts, et des toilettes impeccables.

La carte est imprimée chaque jour selon le marché, ce qui est gage de qualité et de fraîcheur, mais qui peut également causer de petits désagréments : j'espérais commander un sinseollo... mais il n'y en avait pas !

En entrée nous avons partagé des raviolis frits qui étaient absolument parfaits et du niveau des meilleurs restaurants chinois de Paris. Ensuite j'ai pris une cassolette au kimchi, tandis que ma femme a pris une marmite de bœuf. Les plats étaient très copieux et accompagnés de riz blanc et de cinq banchan au goût très authentique.

Nous n'avons pas pris de dessert, mais la patronne nous a offert des cubes de pastèque avec l'addition (un peu plus élevée que dans les autres restaurants coréens où j'ai l'habitude de manger).

Au final, un restaurant qui sait allier quantité et qualité.

20 July 2011

Yi Shun

Les Parisiens commencent à se rendre compte que la cuisine chinoise, ce n'est pas nems + poulet ananas + riz cantonais. Et en outre, depuis 2-3 ans, on commence enfin à trouver de bons restaurants de pâtes chinoises dans la capitale (non, les Chinois ne mangent pas que du riz !).

Yi Shun (1, rue Cherubini) est un de ces restaurants spécialisés dans les pâtes chinoises et, plus particulièrement, dans les lāmiàn (拉麵), ces nouilles fraîches que l'on étire à la main. Ces nouilles sont ensuite servies soit en bouillon, soit sautées.


Nous avons opté pour une entrée de salade de champignons noirs aux arachides fraîches et des nouilles en bouillon. Si les nouilles elles-mêmes n'étaient pas aussi bonnes qu'aux Pâtes Vivantes, l'entrée était typiquement chinoise, et le thé vert était parfait.

18 July 2011

Guibine Opéra

La cuisine coréenne commence enfin à être (re)connue en France — ou du moins à Paris. Pour le néophyte, nous pourrions brièvement la décrire comme trait-d'union entre les cuisines chinoise et japonaise, à l'instar du trait-d'union culturel, linguistique et religieux que fut la Corée entre la Chine et le Japon aux époques impériales. Et si de nombreux restaurants coréens à Paris renforcent ce cliché (au sens d'instantané photographique) de la cuisine coréenne, il en est d'autres qui, heureusement, nous permettent d'apercevoir toutes les facettes de cette cuisine saine et variée.

Guibine Opéra (44, rue Sainte-Anne) passe, parmi les « fans » de cuisine coréenne, pour être un temple de la cuisine coréenne à Paris. Je m'y suis rendu ce midi pour déguster enfin un bibim naengmyeon [비빔 냉면] après moult recherches infructueuses auprès de mes autres adresses coréennes. Eh bien le pélerinage fut fructueux. Pour 16 € on m'a servi un bibim naengmyeon fort respectable avec ses petits banchan [반찬] en accompagnement. Le tout rigoureusement végétarien. Alors certes c'est plus cher que la moyenne des restaurants coréens, mais je le recommande. Et il y avait aussi des menus du midi à 10 € avec des plats moins recherchés.

17 July 2011

Hú Jiā "Freed"

When Ài Wèiwèi was freed, back in June, the media reported that Hú Jiā was also "freed". Actually what happened was that he was released from jail, but he's still under house arrest. Given his health problems, this is a bad situation.

We must continue monitoring the situation.

08 June 2011

Divine surprise

Il y avait autrefois rue de la Tâcherie, près de la Tour Saint-Jacques, un excellent restaurant de spécialités de la Chine du nord appelé Restaurant Tsing-Tao. J'y déjeunais souvent en semaine.

Un jour (ça devait être en 2006 ou en 2007) le restaurant a changé de propriétaire et s'est mis à servir l'infâme bouillie sino-vietnamienne qui passe auprès des Français pour de la cuisine chinoise (nems, poulet ananas...). Du coup je n'y suis plus retourné pendant des années.

Ce midi, un mien collègue me propose de déjeuner dans un "excellent restaurant chinois". Quelle n'a pas été ma surprise lorsque je me suis aperçu qu'il s'agissait de l'ancien Tsing-Tao, et que la nouvelle enseigne, Le Céleste Gourmand, servait à nouveau des plats typiques de la Chine du nord.

20 April 2011

Duelist (刑事)


Il est convenu, en Occident, qu’un film doit appartenir à un genre cinématographique bien défini : comédie, western, film de guerre, épouvante, pour les genres les plus établis ; drame psychologique, film fantastique, gore, film de super-héros pour les genres apparus plus récemment…

Le cinéma asiatique, s’il connaît bien évidemment, lui aussi, ces catégories cinématographiques, sait aussi bien s’en affranchir. Il n’est pas rare que, au sein d’un même film, le réalisateur passe d’une scène de comédie légère à une scène de meurtre à la limite de l’insoutenable pour terminer sur un happy end sentimental ! En général, c’est assez déroutant pour le cinéphile occidental, sauf à avoir été exposé à de nombreux films asiatiques.

J’apprécie moi-même ce genre de films « coq-à-l’âne », les meilleurs représentants étant, à mon avis, issus du cinéma hongkongais, comme par exemple le délirant Running on Karma (大隻佬) ou le sous-évalué Love Battlefield (愛•作戰).

Mais, malheureusement pour moi, la mayonnaise Duelist (刑事) n’a pas pris. Film d’enquête policière, love story, slapstick, film de sabre : au lieu de se mélanger pour former un chef d’œuvre tel que les films cités précédemment, ces scènes me paraissent simplement juxtaposées dans Duelist – alourdies en outre par une esthétique de vidéo-clip (j’entends bien que c’est un parti pris de l’auteur, on le comprend à la musique anachronique, mais c’est quand même insupportable), l’aspect boys band du personnage masculin principal n’arrangeant pas les choses !

24 January 2011

Temple bouddhiste chinois rue au Maire

Rue au Maire (au cœur du quartier Wēn de Paris), un ancien magasin a été transformé en petit temple bouddhiste :


À part ça, les Chinois ne sont pas bouddhistes...

Ma nouvelle cantine


"Va piano" à la Défense. À éviter cependant entre 12h30 et 13h30 en semaine !