13 June 2023

Cercle vicieux et nihilisme contemporain

J’ai beau tourner et retourner dans tous les sens les arguments du dernier billet de l’ami 𐌘𐌄𐌓𐌔𐌖 : « Peut-on sortir d’un cercle vicieux ? », je les trouve (1) bigrement d’actualité et (2) d’une exactitude déprimante.

Il y a indubitablement un nihilisme ambiant très répandu. Anecdote : quand j’habitais à Boulogne-Billancourt, je tractais souvent pour le compte du groupe local d’EELV devant le marché Escudier [c’est-à-dire dans la partie de la ville la plus riche et la plus réac]. Avec un aplomb hallucinant, les vieux bourges bien satisfaits d’eux-mêmes me disaient que oui, on avait raison mais que bon, il était trop tard donc autant profiter des vols pour la Thaïlande au mois de février. « Mais vous avez bien des enfants ? », leur rétorquais-je, en espérant faire vibrer quelque fibre parentale. « Bien sûr. Et je les amène avec moi. Parce que bientôt il sera trop tard. »

Bref, comme le montre 𐌘𐌄𐌓𐌔𐌖, la philosophie se retrouve dans un cul-de-sac face au nihilisme. Un autre ami parcourt un chemin proche mais différent, celui du « récit ». Avec le désenchantement du monde, le récit a disparu [et c’est bien pour cela que je joue aux jeux de rôle, pour bâtir un succédané de récit avec mes amis, mais je m’égare]. L’ami Chem met en exergue la nécessité d’un « autre récit ». Seulement, comme il l’écrit lui-même, aucun récit alternatif, positif et global n’émerge, les nouveaux récits étant desservis par des carences au niveau de leur crédibilité et/ou de leur légitimité.

La religion, qui souvent arrive à faire faire des choses assez contraignantes aux gens (se priver de viande, d’alcool, de relations sexuelles), serait peut-être un bon levier pour forcer les gens à se comporter de manière plus vertueuse mais semble pourtant elle aussi désemparée vis-à-vis du changement climatique, notamment — à mon avis — parce que ce que nous appelons « religion » de nos jours n’en est plus vraiment une mais plutôt un marqueur d’appartenance socio-culturelle.

Du coup on est baisés.

08 June 2023

Why I Hate RPGs From the End of the 80s

 

a good example from 1988

If I want to get bogged down in complicated calculations I’ll play a wargame, thank you very much.

04 June 2023

Winter Is Coming

Winter Is Coming, Une brève histoire politique de la fantasy, de William Blanc. Il s’agit ici de l’édition de 2023, actualisée et augmentée, parue aux éditions Libertalia.

Le livre, comme indiqué par son sous-titre, envisage une approche politique de la fantasy et est structuré en quatre parties : William Morris, J. R. R. Tolkien, George R. R. Martin, et enfin une partie « Bonus ».

Une brève introduction historique rappelle que les super-héros sont nés à la même époque que le futurisme et ont ainsi accompagné la modernité, alors que la fantasy, née au moment de la révolution industrielle, la critique voire s’y oppose. Il serait cependant trop simpliste de dire que cette dernière serait « réactionnaire » : le futurisme n’a-t-il pas précédé puis accompagné la montée du fascisme en Italie ? Il existe donc une relation complexe entre fantasy et politique — d’où la nécessité de ce livre.

Si on tourne le regard vers l’écologie, les « camps » en présence s’intervertissent : les super-héros, la science-fiction ignorent les problèmes écologiques, alors que, très tôt, la fantasy les a mis en évidence.

Il s’agit d’un livre court et, comme je l’indiquais, il procède par touches impressionnistes en abordant successivement trois auteurs-phares de la fantasy — du moins chez les Anglo-Saxons, William Morris, à qui est consacré le premier chapitre, n’étant hélas pas très connu en France. Le thème principal de l’œuvre de Morris est l’opposition entre l’Artisanat, qui permet l’imagination, et l’Industrie, qui l’obère. C’est la raison pour laquelle Morris lutte contre la révolution industrielle, puis son pendant, la prolétarisation des ouvriers mais surtout contre l’impossibilité, pour ces derniers, d’accéder à la Beauté. D’où la création du mouvement Arts and Crafts en parallèle de la fondation de la Socialist League. William Morris influencera à la fois les communistes (via Engels) et les anarchistes (via Kropotkine). Mais attention William Morris ne souhaite pas un retour à une société pré-industrielle : il appelle plutôt à créer une société post-industrielle s’inspirant de la beauté du Moyen Âge. Je tiens à citer un passage très important (page 28) :

Imaginer des mondes, écrire des contes et rêver d’un passé merveilleux, c’est donc, pour lui, déjà préparer les masses à l’avenir.

Deuxième auteur : J. R. R. Tolkien. Catholique et conservateur, JRR Tolkien ne s’oppose pas tant à la révolution industrielle qu’à son pendant guerrier : les horreurs de la Première Guerre mondiale vues comme le résultat des agissements de monstres maléfiques, cf. cet extrait de la page 35 :
On le voit, les dragons qu’emploie Melko renvoient plus à des tanks, à des canons ou à des lance-flammes qu’à des créatures de légende.
Le fait que le pouvoir corrupteur de l’Anneau s’applique à tous, sans distinction, montre que toutes les nations européennes se sont rendues coupables de mécaniser et d’industrialiser la guerre et pas uniquement les Allemands. Cependant la séquence finale du Seigneur des Anneaux, avec Saroumane qui transforme la Comté en dictature industrialiste, rejoint les préoccupations exprimées par William Morris.
Le livre exprime un parallèle intéressant avec les Schtroumpfs et Astérix (également qualifiés d’œuvres fantasy) qui mettent en avant des villages perdus dans la nature résistant à la « civilisation ». Suivent d’autres considérations sur l’influence de JRR Tolkien sur la contre-culture et la gauche contestataire européennes. Dommage que l’influence de JRR Tolkien sur l’extrême-droite italienne ne soit pas évoquée (cf. Le grinfie fasciste su Tolkien: un caso tutto italiano). En revanche l’auteur rend bien compte de la perte du caractère subversif de l’industrie du réenchantement à mesure que son succès s’accroît.

Troisième auteur : George R. R. Martin, fervent défenseur de l’escapism, et en particulier de l’utilisation de la fantasy comme contre-feu face au consumérisme béat des années Reagan. Sans angélisme cependant — GRR Martin reste conscient des limites d’un mouvement trop proche de l’utopie et trop déconnecté de la réalité, comme résumé par ce passage (page 64) :
Sa fantasy existera dans un entre-deux qui critique à la fois les imitations marchandes et dépolitisées du genre et un usage par trop militant de celui-ci.
William Blanc s’attarde ensuite sur une interprétation beaucoup plus récente de Game of Thrones : la série serait (page 66)
un avertissement : divisée, l’humanité ne pourra  pas parer à la menace du changement climatique.
Je ne suis personnellement pas particulièrement convaincu : la série de romans du Trône de fer a commencé à être rédigée en 1991. Il y a peut-être une intention inconsciente, due au pessimisme générationnel (comme surligné en page 68) mais selon moi pas un message direct. D’ailleurs l’acteur qui interprète Jaime Lannister dit lui-même : « Je ne pense pas que cela ait été conçu comme tel à l’origine, mais il y a des parallèles évidents » (page 71).

Une dernière partie intitulée « Bonus » présente des réflexions disparates mais non moins intéressantes. J’aime la lecture des jeux de rôle Old School comme « entreprise moderniste : les joueurs partent de la ville (généralement d’une taverne) pour aller dans des territoires sauvages dompter la nature assimilée à des bêtes reptiliennes » (page 84).
Un autre chapitre rétablit l’hiver comme image générale de vieillesse et/ou de mort, à rebours des hypothèses de la fin du chapitre consacré à GRR Martin.
Un chapitre aborde la relation fertile entre fantasy et jeu de rôle et explique pourquoi les premiers jeux de rôle se déroulaient presque exclusivement dans un cadre médiéval-fantastique.
Un dernier chapitre, écrit pour la réédition de l’ouvrage de 2023, rend compte de la marchandisation des univers de fantasy. La Société du Spectacle a avalé l’Escapism. Il aborde ensuite les lectures opposées faites par les belligérants du conflit russo-ukrainien, sans oublier d’analyser l’étonnante fan-fiction russe « le Dernier Porteur de l’Anneau » (même si elle date de 1999).

31 May 2023

L’Histoire violée

La petite mésaventure que je rapportais hier, finalement, c’est du petit bras à côté de la gigantesque opération de révisionnisme historique en cours vis-à-vis du rôle joué par l’Union soviétique pendant la seconde guerre mondiale.

J’ai reçu ce matin dans ma boîte aux lettres le dernier numéro du Monde diplomatique, et l’éditorial de Benoît Bréville traite justement de ce sujet douloureux (et scandaleux). Je vous laisse le lire, il est en accès libre ; je me permets juste d’en recopier le début :

Quiconque découvrirait la seconde guerre mondiale à l’aune de ses commémorations en 2023 n’y comprendrait pas grand-chose. Le 27 janvier, le directeur du Musée d’Auschwitz célébrait l’anniversaire de la libération du camp sans inviter ses libérateurs. La Russie a bien été évoquée lors du discours protocolaire, mais seulement pour comparer Auschwitz et la guerre en Ukraine.

30 May 2023

Permanently Banned from the Big Purple

So I’ve been permanently banned from RPG.net. Not because I have written something questionable. Not because I’ve harrassed someone. No, because I was using the following avatar:


and some dickhead decided that supporting a unit of the Soviet Army that participated in the battle of Stalingrad which saved our bacons back in 1942-43 was tantamount to supporting Putin’s war of aggression in Ukraine. Never mind that, as explained by the wikipedia, the Soviet Guard has been continued in most of the former Soviet republics− including Ukraine until 2016. Oh, well.

Anyway, as one of my favourite bands used to say:


09 October 2020

Billy Bat


Billy Bat (ビリーバット), bande dessinée japonaise d'Urasawa Naoki (dessins et scénario) et de Nagasaki Takashi (co-scénariste), sérialisée en vingt tomes, publiés en France par Pika Édition.

Imaginez que, depuis l'aube de l'Humanité, tous les plus grands événements : la propagation du Christianisme, l'unification du Japon, la Seconde Guerre Mondiale, l'assassinat de Kennedy, l'attentat des Tours Jumelles, etc. aient eu lieu sous l'impulsion occulte d'une chauve-souris démoniaque qui tire les ficelles depuis les coulisses de l'Histoire. Cette chauve-souris, qui plus est, a l'aspect d'un héros anthropomorphe tels que ceux imaginés par Walt Disney... 

Résumée comme ça , la série Billy Bat a l'air complètement neu-neu (et je suis poli). Et pourtant... la maestria du dessin et du scénario fait vite oublier le pitch bizarre de départ, et on se prend à dévorer les pages de cette saga qui s'étend sur des siècles, avec des allers-retours constants entre les époques et les personnages. Le récit, non-linéaire, a en effet une distribution d'ensemble épatante, du niveau du film choral Short Cuts (1993) de Robert Altman, voire du roman labyrinthique Confiteor (2013) de Jaume Cabré.
Le scénario met en scène un groupe de personnages qui découvrent, petit à petit, des fragments de l'histoire de la chauve-souris et qui tentent de reconstituer « the big picture », tandis qu'un certain nombre d'organisations occultes les aident ou, au contraire, essaient de freiner leurs investigations, voire de les assassiner...

certains personnages peuvent parler avec la Chauve-Souris...

Une fois de plus, la grande qualité réside dans le scénario ainsi que dans les personnages, auxquels on s'attache très vite. Mentions spéciale aux personnages féminins qui ne sont pas des faire-valoir mais de vrais acteurs du récit.

21 September 2020

Noms de légumes et origine étrangère

 Je révise souvent mon chinois avec les images du twitter de HSK online, et un des derniers tweets était sur les noms des légumes. Je reproduis l'image ci-dessous en surlignant certains caractères.


J'ai donc surligné certains caractères qui apparaissent souvent en quelque sorte comme des préfixes aux noms de certains légumes.

西 (xī en mandarin) signifie « ouest »
outre 西蘭花 (xīlánhuā) et 西紅柿 (xīhóngshì), comme dans l'image, nous avons aussi
西番蓮 (xīfānlián) : fruit de la passion
西瓜 (xīguā) : pastèque
西葫蘆 (xīhúlu) : courgette

胡 (hú en mandarin) signifie « barbare du nord-ouest »
outre 胡蘿蔔 (húluóbo), comme dans l'image, nous avons aussi
胡豆 (húdòu) : fève
胡椒 (hújiāo) : poivre noir
胡瓜 (húguā) : concombre
胡麻 (húmá) : sésame
胡荽 (húsuī) : coriandre
胡桃 (hútáo) : noix

洋 (yáng en mandarin) signifie « originaire d'outremer »
outre 洋蔥 (yángcōng), comme dans l'image, nous avons aussi
洋白菜 (yángbáicài) : chou pommé
洋菇 (yánggū) : champignon de Paris
洋芋 (yángyù) : pomme de terre

Les préfixes 西 et 洋 indiquent généralement des légumes introduits par les Occidentaux, le préfixe 胡 des apports plus anciens venus de l'Inde ou de la Perse via la Route de la Soie.
Ce qui est intéressant, c'est que ces préfixes indiquent souvent des légumes peu usités dans la cuisine traditionnelle, même si certains (comme les broccolis) ont connu un grand succès dans leur terre d'accueil, ou si d'autres d'introduction plus ancienne (pastèque et sésame) sont indissociables de la gastronomie chinoise.

11 July 2019

Cuisine(s) chinoise(s)

On parle de « cuisine chinoise » mais en réalité cela n'a pas de sens... la République Populaire de Chine (RPC) couvre 9 600 000 km² — à peine moins que l'Europe (10 200 000 km²). De même qu'il y a en Europe une très grande variété de cuisines, il y a en Chine une très grande variété de cuisines — peut-être même davantage, à cause de la plus grande variété climatique : quatre à cinq grandes zones climatiques en Europe contre huit en RPC.



Les huit cuisines chinoises les plus connues sont regroupées sous le terme de « huit grandes cuisines régionales » (八大菜系, bā dàcàixì). Il s'agit de :
  • la cuisine du Shāndōng (鲁菜, lŭcài),
  • celle du Jiāngsū (苏菜, sūcài),
  • celle de l’Ānhuī (皖菜, wǎncài),
  • celle du Zhèjiāng (浙菜, zhècài),
  • celle du Sìchuān ou « cuisine sichouanaise » (川菜, chuāncài),
  • celle du Húnán (湘菜, xiāngcài),
  • celle du Fújiàn (闽菜, mǐncài),
  • et celle du Guǎngdōng ou « cuisine cantonaise » (粤菜, yuècài).

Cela dit, votre serviteur préfère la cuisine roborative du nord de la Chine, qui n'est pourtant pas classée parmi les « huit grandes » !

25 June 2019

Tô & Cie

Une autre petite oasis de bonne bouffe dans les Hauts-de-Seine. Tô & Cie (23 rue Marie Debos, 92120 Montrouge) suggère une sorte de variation sur la voie [ô combien parcourue] du bò bún. Au lieu de manger un bò bún « classique », Tô & Cie vous propose de composer le vôtre à partir d'une série d'ingrédients indiqués sur la carte. Des compléments à saupoudrer sur le bò bún final sont en libre service : graines de chia, échalotes frites, arachides concassées...

ma composition : veggie, avec tofu frit et mangue acidulée
En outre, le cadre est joli et les prix raisonnables. Que demande le peuple ?

04 March 2019

au Piment du centre

Au Piment du centre (12, boulevard de Sébastopol) est un nouveau restaurant sichouanais situé près du Centre Pompidou. Le cadre est très agréable et les portions servies sont copieuses, avec un menu du midi à 13,90 € que j'ai eu du mal à finir malgré mon appétit légendaire.

un cadre agréable

Le décor est très agréable, avec du beau mobilier, de la déco aux murs, des plantes, etc. sans trop verser dans le clinquant chinois habituel. Seul bémol : la musique d'ascenseur.

Le menu du midi à 13,90 € comporte entrée + plat + riz OU plat + riz + dessert. J'ai choisi cette dernière option, commandant du mápó dòufu (mon « plat de test » habituel pour tout nouveau restaurant sichouanais) en tant que plat de résistance. Le tofu pimenté et le riz étaient très copieux !

un mápó dòufu de bon aloi


Le mápó dòufu était bien pimenté, et c'est à ce moment-là que le choix du dessert s'est révélé gagnant : un bon tiramisù au thé vert [oui, je sais, ce n'est pas du tout chinois], dont la texture était un vrai baume pour ma langue...

une douceur en fin de repas fort bienvenue

22 February 2019

Maison Pho

Je me lamentais naguère de l'absence de bons restaurants asiatiques dans les Hauts-de-Seine. Eh bien la Maison Pho (86, avenue Pierre-Brossolette à Malakoff) est une autre petite perle miraculeuse dans les eaux troubles de la banlieue Sud (je suis en veine poétique, aujourd'hui).

Ici, tout est fait maison, tout est super frais et, cerise sur le gâteau, les plats [copieux] sont disponibles en version végane !
J'ai pris un bo bun végan et comme la dame n'avait plus de nems végans, elle me les a préparés sur le moment, sous mes yeux. Magique.

bo bun végé, avec de la mangue !


Seul petit bémol, le local est petit et pas franchement folichon, mais il y a des calligraphies au mur pour égayer un peu.

07 February 2019

C'Trobon

C'Trobon (4, rue de la Coutellerie). Vu le nom, je m'étais dit que ce serait trop bon. Eh bien non. Puis des petits pois et des arachides dans le mápó dòufu... n'importe quoi.

24 January 2019

Le Bourgeon

Une nouvelle gemme Rive Droite ! Le Bourgeon (17, rue de Châteaudun) est un grand et spacieux restaurant chinois servant des spécialités du Yúnnán ainsi que les grands classiques de la cuisine chinoise.
Ce qui est particulièrement intéressant pour les personnes comme moi (ou mon fils) c'est que les portions sont généreuses, alors que les prix restent dans la moyenne du quartier. J'ai déjeuné d'un plat bien copieux d'aubergines marinées aux œufs de cent ans servis avec un gros bol de riz blanc pour 12,90 €. Je recommande !

aubergines marinées sautées avec des œufs de cent ans

15 January 2019

Rāmen Bowl

Rāmen Bowl est une petite échoppe à rāmen (nouilles en bouillon) qui s’est récemment installée au 44, rue de Ponthieu.
Le menu est bref et sans chichis, avec des grands classiques. À noter le menu du midi à 13,90 €, avec trois gyōza (raviolis japonais) de bonne facture, croustillants à l’extérieur et tendres à l’intérieur, et un bol de rāmen au choix.



Verdict : le bouillon était légèrement trop salé ; l’œuf mollet absolument délicieux. Les champignons au premier plan étaient assez étonnants.

31 December 2018

Ji Xiang Express

Pékin a beau être la capitale de la Chine, il y a peu de restaurants de spécialités pékinoises à Paris. Ji Xiang Express (12, rue Saulnier) nous propose des plats de Tiānjīn, ville portuaire située à une centaine de km de Pékin : briochettes gǒubùlǐ, diverses sortes de brochettes, ainsi que plus généralement des plats du Nord-Est de la Chine.

J'ai pris des aubergines sautées à l'ail qui étaient un pur délice, accompagnées de riz blanc.


des aubergines à la peau craquante et à l'intérieur moelleux à souhait


Je pense que je vais revenir pour faire plus ample connaissance avec toutes ces spécialités...

28 December 2018

Palais de Cháng'ān

Enfin, un vrai restaurant chinois à Boulogne-Billancourt ! Et non seulement c'est un vrai restaurant chinois, mais en plus il est spécialisé dans les plats de la province du Shǎnxī, célèbre auprès des amateurs de cuisine chinoise pour ses nouilles !

Le Palais de Cháng'ān se trouve au 3 de la rue Yves-Kermen, et est facile d'accès aussi bien par le bus que par le tramway. Dès qu'on entre, on est saisi par les délicieuses odeurs de cuisine du nord de la Chine, et on a une bonne vue sur la cuisine ouverte où s'affaire la cuisinière qui tire, tend, forme et coupe les nouilles.

Puisqu'il s'agit d'un restaurant de spécialités du Shǎnxī, j'ai pris les célèbres nouilles biángbiáng*, des nouilles très épaisses à la surface irrégulière, ce qui fait que la sauce vient s'y nicher au lieu de glisser le long de la nouille (un peu comme les pâtes italiennes rayées).

le piquant de chaque plat est indiqué par un certain nombre de piments

légumes froids typiques du nord de la Chine

nouilles biángbiáng


*le caractère biáng utilisé pour écrire le nom de ce plat a la particularité de ne pas faire partie du jeu de caractères Unicode, donc même sur le menu en chinois le nom du plat était écrit en caractères latins !


Chez Ravioli Chen Chen

Chez Ravioli Chen Chen (54, avenue Philippe-Auguste) est un boui-boui, un vrai, un comme je les aime ! Pas de chichis ici, tout est pour la bouffe, uniquement pour la bouffe, rien que pour la bouffe !

Ce minuscule restaurant chinois est spécialisé dans les vapeurs du nord de la Chine : raviolis (jiǎozi), briochettes (bāozi), d'un goût et d'une fragrance exquis. Hélas, ils font aussi d'autres plats dont des nems (WTF) mais leur spécialité, c'est vraiment les vapeurs. Nous nous sommes régalés, et je vous recommande tout particulièrement les bāozi aux légumes, un miracle d'équilibre entre l'épaisseur de la farce et la julienne de légumes à l'intérieur.

pâtes de soja & légumes froids en salade

bāozi aux légumes

jiǎozi porc et chou chinois


Seul ombre au tableau : les WC vraiment bof, apportez votre propre solution hydro-alcoolique !

17 December 2018

Ama Dao

Les Hauts-de-Seine sont un désert gastronomique en ce qui concerne les restaurants asiatiques. Raison de plus de donner toute son importance à ma dernière découverte, le restaurant cambodgien Ama Dao (65, rue Louise-Michel) à Levallois-Perret.

Ce tout petit restaurant vous accueille avec de gros chaudrons posés sur les feux d'une grande cuisine centrale et de délicieux fumets d'épices du sud-est asiatique. La carte est courte et — honnêtement — présente bien davantage de plats vietnamiens que de plats cambodgiens tels que le célèbre bœuf lok lak. Cela dit, les plats vietnamiens sont réinterprétés en clef cambodgienne, ce qui n'est pas pour me déplaire : j'ai pris un fort copieux bò bún au tofu avec une délicieuse senteur de citronnelle pour la modique somme de 10 euros.


13 December 2018

Bao Bao

Bao Bao (4, rue Alexandre Dumas) est un restaurant chinois spécialisé dans les nouilles, avec une grande baie vitrée qui permet de voir les cuistots en train de les préparer, un peu comme aux Pâtes Vivantes.

Le décor est sympathique, et les serveurs aimables. J'ai commandé des nouilles en bouillon (lāmiàn) aux légumes variés. Les nouilles et le bouillon étaient excellents, mais les légumes étaient un peu décevants, juste une espèce de julienne de légumes crus jetés dans le bouillon, qui n'était pas assez chaud pour les « cuire » ; du coup, j'avais un peu l'impression de manger un bouillon dans lequel on aurait jeté des crudités. Bizarre.

素拉面 (Sù lāmiàn)


Bao Bao propose également divers assortiments de vapeurs, mais je n'ai pas goûté.

04 July 2018

Momo 茶

Chronique brève. Momo 茶 (7, rue de la Michodière) est un salon de thé/restaurant rapide taïwanais situé près de la rue Sainte-Anne, mecque des amateurs de cuisine asiatique de Paris.
Momo 茶 propose  des plats à emporter, du bubble tea, des gâteaux taïwanais et, aux heures de repas, des formules complètes — à midi, par exemple, 10 € la formule plat seul, et 13,90 € la formule deux entrées + plat + bubble tea !

J'ai évidemment pris cette dernière... deux entrées excellentes (beignets de crevettes et salade de concombres), du porc à la sauce au café (très original), et un délicieux thé vert au kumquat froid, pas trop sucré. Seule déception : peu de plats végétariens.